Pr Alpha Seydou YARO, Directeur Général du CNRST, Professeur Titulaire du CAMES
Mesdames/Messieurs les responsables des Institutions et Etablissements de recherche,
Chers acteurs du Système National de Recherche,
Chers Enseignants-chercheurs et Chercheurs
Chers partenaires et amis de la science,
Aujourd’hui, je me prête, avec une émotion particulière, à cet exercice de présentation du Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique. Mon arrivée à la tête de ce prestigieux Etablissement public de recherche fait suite à ma nomination par décret No 2025 – 0175 /PT-RM du 10 mars 2025.
Cette nomination est survenue dans un contexte à la fois crucial et douloureux. Crucial, parce que notre pays traverse une conjoncture socio-politique et économique difficile qui exige de nous résilience et créativité. Douloureux, parce que nous avons perdu, une année auparavant, un homme pétri de grande valeur humaine, un homme de science, un bâtisseur : feu Professeur Drissa SAMAKE, ancien Directeur général du CNRST. Sa disparition a endeuillé toute la communauté scientifique. Comme le dit un adage de chez nous : « la mort avale le corps, jamais les actes, jamais les noms ». Marcher dans ses pas sûrs et immenses sera déjà une victoire.
Le CNRST actuel est le fruit d’une grande mutation.
Le Conseil Supérieur de la Recherche Scientifique et Technique (CSRST)
Les premières tentatives d’organisation de la recherche au Mali datent de 1962, avec la création du Conseil Supérieur de la Recherche Scientifique et Technique (loi n°62-76 AN-RM du 17 septembre 1962).
Ce Conseil, placé sous la présidence du ministre de l’Education nationale, avait pour missions, entre autres, d’assurer le développement et la coordination des études, des recherches et des travaux scientifiques de toutes natures. Il était composé de représentants des différents départements ministériels, services et organismes intéressés à la recherche scientifique, et se réunissait au moins une fois tous les six mois.
Le Conseil National de la Recherche Scientifique et Technique (CNRST)
En 1967, le Conseil Supérieur de la Recherche Scientifique et Technique fut remplacé par le Conseil National de la Recherche Scientifique et Technique (CNRST), (loi n° 67-2 AN-RM du 30 janvier 1967), placé sous la présidence du Président du Gouvernement. Outre la modification du niveau de rattachement, le CNRST était doté d’un organe de coordination, le Comité National d’Orientation et de Planification, composé sensiblement des mêmes représentants que le Conseil Supérieur. A côté de cet organe on retrouvait des commissions techniques et un Secrétariat Général qui était l’organe permanent du CNRST.
Le Conseil National n’a pas eu le temps de fonctionner réellement. Après le coup d’état militaire de novembre 1968, les nouvelles autorités ont décidé de transférer ses missions au niveau de la Direction Nationale de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique. C’est ainsi que de 1969 à 1986, la coordination de la recherche relevait de la division recherche de cette direction. Évidemment, les faiblesses de ce niveau de rattachement et le poids de l’enseignement dans les activités de la Direction n’ont pas permis une prise en charge effective de la recherche.
Le Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique (CNRST)
Prenant conscience du rôle de la recherche dans le processus de développement du pays, les autorités ont mis en place un organisme autonome de coordination de la recherche avec la création, suivant la loi n°86-10/AN – RM du 8 mars 1986, du Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique (CNRST), sous forme d’Établissement Public à caractère Administratif (EPA) rattaché au ministère chargé de la recherche scientifique. Il est chargé, entre autres missions, de proposer au Gouvernement les éléments de la politique nationale en matière de recherche scientifique et technologique, de coordonner et de contrôler l’exécution des programmes de recherche scientifique et technologique. La même loi dispose que le CNRST a une autorité scientifique sur toutes les institutions de recherche du Mali, notamment dans les domaines de la détermination des besoins de recherche, de la programmation de la recherche et de la diffusion des résultats de la recherche.
Le statut général d’Établissement Public à Caractère Scientifique, Technologique et Culturel (EPSTC) a été adopté par la loi n°96-015 du 13 février 1996 ; Il fallait alors conformer le CNRST à cette nouvelle donne d’où l’adoption par le Gouvernement de l’Ordonnance n°04–011/RM du 25 mars 2004 portant création du CNRST et sa ratification par la Loi n°04–032 du 27 juillet 2004.
Le CNRST est un pilier de notre système national de recherche. Il a cinq (5) principales missions qui sont :
- coordonner et veiller à la cohérence des programmes de recherche scientifique et technologique ;
- promouvoir la recherche scientifique et technologique ;
- collecter et diffuser l’information scientifique et technologique ;
- délivrer les autorisations de recherche aux chercheurs étrangers ;
- mobiliser le financement de la recherche scientifique et technologique.
Le Directeur Général du CNRST a également chargé de la gestion du Fonds Compétitif pour la Recherche et l’Innovation Technologique (FCRIT), dont il est le Secrétaire Technique. Le FCRIT est créé par la Loi n°2011-062 du 25 novembre 2011. Ce fonds est un levier essentiel pour booster la recherche et la production scientifique, afin de répondre aux défis du développement.
Mais au-delà de ces missions classiques, il me plait d’ajouter que le CNRST, sous ma direction, se doit d’être le chef d’orchestre de l’organisation nationale de la recherche et de l’innovation technologique au Mali.
Depuis 2020, des mutations profondes ont été engagées avec comme acquis la redynamisation du personnel, le renforcement des ressources matérielles, les organisations de journées scientifiques. Ces réformes, amorcées par mes prédécesseurs, connaîtront un nouvel élan. Elles seront complétées par la concrétisation de la relecture des textes organiques et statutaires. Les voix officielles s’accordent pour dire qu’avec cette réforme en cours d’exécution, le rayonnement tant souhaité sera effectif. Elle inaugurera un véritable changement dans la promotion de la science au MALI.
Cette ambition s’inscrit dans le cadre du budget-programme du ministère en charge de la Recherche Scientifique, notamment le programme 2.046 dédié au développement de la recherche et à l’innovation technologique. L’atteinte de ces objectifs passe par une synergie qui implique action, vision, innovation et méthode. Car, les derniers fora ont montré déjà l’importance de la recherche et les exigences du peuple malien à notre égard.
Mes ambitions tiennent pour peu à réussir à :
- faire de la recherche scientifique et de l’innovation technologique un véritable levier de développement,
- renforcer les acquis de mes prédécesseurs,
- inscrire le CNRST dans une dynamique d’efficience et de résilience,
- redonner à la science et à la technologie la place qui doit leur revenir.
Ce travail peut être facilité beaucoup par la mise en pratique du plan stratégique National de la Recherche et de l’Innovation (PSNRI) rédigé par des sommités du monde de la recherche, et validé en octobre 2025.
Le Mali est une terre d’histoire et de science. Ici, Sirius fut observée sans télescope. Ici, les bases d’un principe constitutionnel de gouvernance furent semées. Ici, des érudits ont combattu l’ignorance et les dogmes avec courage et désintéressement. Cette mémoire nous oblige à œuvrer sans relâche pour redorer le blason de la recherche et de l’innovation technologique.
Actuellement au sommet des grades du CAMES (Professeur Titulaire), mon parcours scientifique a commencé au MRTC (Malaria Research and Training Center) un Centre International d’Excellence en Recherche (ICER-Mali) basé au point G à la FMOS/USTTB, où j’ai appris que la science n’est pas seulement une quête de savoir, mais une arme contre l’ignorance et un outil pour le progrès. Mon passage à la FST/USTTB au service du DER de Biologie m’a permis de créer la Journée Scientifique du DER de Biologie (JSDB) reconnue par le CAMES et la CNELA. Ma transition au Service des Relations Extérieures et de la Coopération de l’USTTB m’a davantage ouvert les portes vers le partenariat externe. Aujourd’hui, je mets cette expérience au service du CNRST, tout en croyant fortement à la magie de l’action, au pouvoir de l’action commune. C’est pourquoi je sollicite l’appui de tous. Ensemble, nous ferons du CNRST un moteur de développement, un espace de créativité, un lieu où la science éclaire l’avenir.
Je vous invite donc, chers collègues, chers partenaires, à unir nos forces.
- À croire en la puissance de la recherche scientifique et de l’innovation technologique ;
- À faire de l’innovation technologique une réponse aux défis de notre temps ;
- Car au fond, ce n’est pas seulement une mission administrative ;
- C’est une mission nationale ;
- C’est une mission humaine.
- Et une mission pour l’avenir.
MILLE MERCI !